Comment développer la discipline

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J’ai parlé de l’importance de la discipline dans un précédent article. Mais comment faire concrètement pour la développer ?

Voici quelques techniques simples qui peuvent vous aider.

Créez un emploi du temps.

Par exemple, imaginons que vous souhaitiez écrire. Tous les jours, choisissez une période pour écrire. Et interdisez-vous autant que possible de rater ce moment. L’habitude développe la confiance en soi, ce qui diminue notre résistance pour passer à l’action.

Utilisez des déclencheurs.

Il est beaucoup plus facile de respecter son emploi du temps s’il est lié à des déclencheurs. Par exemple le matin lorsque je me lève, je fais ceci. Ou après le repas de midi, je fais cela. Utilisez des déclencheurs qui se produiront, chaque jour, quoi qu’il arrive. Cela vous évitera de briser votre habitude.

Utilisez des récompenses.

Cette technique utilise un système contraire aux déclencheurs. Au lieu d’attendre une action qui se produira forcément pour en déclencher une autre, vous choisissez un moment de détente et vous l’utilisez comme récompense après avoir accompli votre tâche. Pour reprendre mon exemple d’écriture, imaginons que vous aimez passer du temps sur les réseaux sociaux, devant la TV ou sur un jeu vidéo. Tant que vous n’avez pas accompli votre tâche, vous vous interdisez votre moment de loisir. Par exemple, tant que je n’ai pas fait pas ma session d’écriture, je ne vais pas sur Facebook. Cela vous fera une motivation supplémentaire pour passer à l’action.

Fixez-vous des objectifs raisonnables.

Dans tous les domaines, le plus difficile est de se lancer dans une action. Une fois lancé, il est facile de continuer pendant des heures. Mais cela demande parfois un gros effort pour commencer. Pour contourner ce problème, il suffit de se fixer des objectifs faciles à tenir. Toujours avec mon exemple d’écriture, forcez-vous à écrire au moins cinq minutes par jour. Choisissez un moment où vous avez du temps et une fois lancée, votre session d’écriture durera probablement une heure ou deux. Mais en vous fixant un objectif plus petit, vous n’aurez aucune excuse pour ne pas le faire. Même les jours où vous n’avez ni le temps ni la motivation, vous pouvez trouver cinq minutes. Cette fois encore, cela vous évitera de briser votre habitude.

Facilitez-vous la tâche.

Ou pour exprimer les choses autrement, évitez tout ce qui pourrait provoquer une résistance. Toujours avec l’exemple de l’écriture, imaginons que vous avez décidé d’écrire tous les matins. Si chaque après-midi, vous encombrez votre bureau et qu’il vous faut un quart d’heure chaque matin pour le dégager, cela provoquera une résistance de plus pour ne pas écrire. Si au lieu de cela, votre bureau est dégagé et qu’il vous suffit de vous asseoir, vous n’aurez pas d’excuses. Organisez-vous pour que toutes les actions que vous avez décidé d’accomplir soient le plus facilement accessibles.

Les trois formes de procrastination

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Mon article sur la discipline a suscité quelques retours positifs, mais également une question. Comment fait-on lorsqu’on a tendance à procrastiner ? Je vous donnerai des méthodes concrètes dans un prochain article pour développer votre discipline. Mais avant je vais détailler un peu le concept de procrastination. Il existe trois formes de procrastination et elles ne sont pas toutes mauvaises.

Lorsque nous remettons constamment les choses au lendemain dans un domaine particulier, c’est peut-être parce que ce domaine n’est pas fait pour nous. Parfois, nous faisons les choses pour plaire à autrui. Mais ce n’est pas vraiment notre choix. En se fixant des objectifs dans des domaines qui nous plaisent vraiment, il est plus facile de ne pas procrastiner. Bien entendu, parfois, nous n’avons pas le choix. Si par exemple vous n’aimez pas tout ce qui est administratif et que vous n’avez pas les moyens de payer quelqu’un pour gérer vos tâches administratives, il va falloir vous forcer.

Lorsque nous sommes dans notre élément, il reste encore deux raisons de procrastiner, une bonne et une mauvaise.

La mauvaise raison est que par perfectionnisme, nous préférons rester avec nos rêves plutôt que de les réaliser. La plupart de nos idées sont mauvaises. Le plus souvent, une réussite repose sur de nombreux échecs. À court terme, cela semble plus confortable de ne pas mettre en pratique nos idées. Cela évite de se confronter à la réalité. Mais sur un plus long terme, cela nous donne le sentiment de ne pas nous accomplir. C’est cette forme de procrastination qu’il faut apprendre à éviter.

L’une des clefs pour y arriver est de redéfinir l’échec. Notre système scolaire a été créé pour former les gens à travailler dans les usines du XIXe siècle et il n’a pas beaucoup évolué depuis. C’est pour cela qu’on nous a appris à faire le même exercice que les autres et à trouver le même résultat. Ce système nous a enseigné la crainte de l’échec. Mais la vraie vie ne ressemble pas à une usine. Dès que l’on fait quelque chose de nouveau, il faut échouer de nombreuses fois avant de trouver le chemin de la réussite. Il faut accepter cette idée pour ne plus avoir peur de l’échec.

Mais il existe aussi une bonne raison de procrastiner. Prendre notre temps permet de faire mûrir nos idées. Les personnes pressées qui réalisent trop rapidement leurs projets ont du mal à aller au fond des choses. Leurs réalisations sont brouillonnes. Et ces personnes ne se sentent pas accomplies pour autant. Lorsque nous laissons les choses en pause, nous revenons avec un regard nouveau et ce que nous réalisons est beaucoup plus satisfaisant. Jusqu’à un certain point, la procrastination fait partie du processus créatif. Mais bien entendu, le danger est de se raconter des histoires et d’être en réalité habité par la peur de réaliser nos rêves.

Le tout est de trouver un équilibre dans le perfectionnisme. La perfection existe dans notre imaginaire, mais pas dans le monde extérieur. Trop de perfectionnisme et nous ne faisons jamais rien. Pas assez de perfectionnisme et nos réalisations sont décevantes.

Dans un prochain article, je donnerai plusieurs techniques pour développer la discipline.

Les deux problèmes de la pleine conscience

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Dans un article précédent, je me moquais un peu de la mode de la pleine conscience. Dans cet article, j’aimerais préciser les différents problèmes posés par la pleine conscience.

Comme je le disais dans mon autre article, le terme est mal choisi. Il peut tromper les gens qui vont s’imaginer être pleinement conscients sans avoir réfléchi à ce que cela signifie vraiment. Quel que soit notre état de conscience, nous conservons un inconscient et heureusement que les choses sont ainsi. Même s’il est source de problèmes, notre inconscient permet également notre stabilité psychique, par exemple, en nous protégeant de nos anciens traumatismes. « Pleine conscience » est la traduction de « samma sati ». Ce concept désigne plutôt une attention juste, focalisée. Mais il ne désigne pas la pleine conscience.

L’autre problème de la pleine conscience est que de nombreuses personnes croient qu’elles vont décoller spirituellement en utilisant cette méthode. Mais en réalité, elles s’ennuient dans leur pratique. Certaines personnes prétendent que c’est normal. Selon elles, il faut persévérer. Et plus elles augmentent la dose, plus elles s’ennuient. C’est parce que cette pratique ne sert pas à décoller, mais à atterrir. Après une expérience extatique, le mental va chercher à s’approprier un état de conscience qui le dépasse. Cela risque de causer beaucoup d’agitation. La posture de l’observateur détaché après les effets d’une expérience extatique permet d’éviter ce problème.

Il ne faut pas croire que tout ce qui vient du bouddhisme est bon. Le bouddhisme possède son lot d’idioties, comme n’importe quelle religion. La plupart des pratiques bouddhistes qui se sont développées en Occident sont déséquilibrées. Ils leur manquent la composante extatique. Mais ce n’est pas toujours le cas. Dans certains enseignements, la compassion est aussi importante que l’observation détachée. Autre problème, dans le néo-bouddhisme occidental, le mythe du Bouddha est souvent pris au premier degré alors qu’il s’agit d’un idéal. Il y a quelques semaines, j’ai posté une citation de Linji. Mais elle me semble tellement importante pour ne pas comprendre le bouddhisme de travers, je vais la répéter encore une fois : « Si tu rencontres un Bouddha, tue-le ! »

La clef du développement personnel

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Il y a quelques années, j’avais écrit un article sur les deux piliers du développement personnel. Cet article décrivait les fondements du développement personnel. Mais je ne donnais pas de méthode concrète pour avancer. C’est ce que je souhaite aborder dans ce nouvel article.

Il existe de nombreuses techniques de développement personnel et il est facile de s’y perdre. Mais une seule chose est vraiment essentielle. Il s’agit de la discipline.

À l’école, on ne nous apprend pas la discipline. On nous apprend la peur de l’autorité. C’est pour cela que la plupart des gens n’aiment pas la discipline. Ils se lèvent le matin et vont travailler, non pas par discipline, mais parce qu’ils ont des comptes à rendre à une autorité.

On compte souvent sur la motivation pour atteindre nos objectifs. Mais la motivation est une mauvaise alliée. Si je compte sur la motivation pour faire quelque chose, je n’aurai jamais la régularité nécessaire pour avancer.

Je vais prendre un exemple simple, si je veux me remettre en forme et que je compte sur la motivation pour faire du sport, je vais en faire trois fois par an. Et je ne serai jamais en forme. Mais si je développe une routine pour faire du sport un peu tous les jours, je finirai par être en forme.

La discipline, c’est la capacité de faire les choses avec régularité. C’est s’interdire de ne pas avancer. La discipline, c’est l’absence de choix. Et paradoxalement, c’est la clef de la liberté. Car sans discipline, on n’arrive jamais à rien.

Je parle de développement personnel, mais dans le spirituel, c’est la même chose. Avec le temps, il est possible d’intégrer les pratiques. Mais sans une pratique quotidienne pendant dix ou quinze ans, il est impossible d’en arriver là.

Quel que soit le domaine dans lequel vous souhaitez avancer, il est important de développer une routine. Mais ne prenez pas la routine d’un autre, sinon vous allez vous torturer inutilement. C’est probablement le plus gros problème du développement personnel actuellement. Des « gourous » proposent leur propre routine comme si c’était la seule manière de faire.

Ils vont vous dire qu’il faut se lever tôt le matin et faire les choses les plus importantes en premier. Mais si vous êtes un lève-tard, vous ne tiendrez jamais. Si votre truc, c’est de travailler tard le soir quand tout le monde dort, suivez votre propre rythme. L’important est d’être régulier et de ne pas remettre les choses au lendemain.

Fixez-vous des objectifs. Développez une routine raisonnable pour les atteindre. Faites évoluer votre routine en fonction de votre expérience pour qu’elle soit parfaitement adaptée à vos besoins. Rien qu’en faisant cela, vous avez déjà une bonne base pour pratiquer le développement personnel.

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Les deux pièges de l’ego

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J’ai déjà parlé plusieurs fois de la confusion autour de la notion d’ego. Mais comme une personne m’a posé une question à ce sujet je me dis que c’est une bonne idée d’y revenir.

Le premier problème est qu’en français, le mot « ego » désigne la conscience de soi, l’individu que nous sommes. Et pour la plupart des spiritualistes, il désigne l’orgueil.

Il est souvent dit que l’ego est un problème, qu’il faut l’annihiler. Mais de quoi parlons-nous ?

L’ego-orgueil est un problème parce qu’il témoigne d’une faible estime de soi. Lorsque je suis orgueilleux, je me compare aux autres et j’essaie de me placer au-dessus pour me rassurer. Mais combattre l’orgueil n’est pas la solution. En combattant l’orgueil, nous le refoulons. C’est le premier piège lié à l’ego. En voulant chasser l’orgueil, nous ne faisons que sombrer dans l’inconscience.

Pour chasser le négatif, il faut développer le positif. Plutôt que de combattre l’orgueil, il est préférable de développer l’estime de soi. Pour cela, il faut mener à bien des projets qui nous permettent de nous sentir fiers de nous, dans le bon sens du terme, pas dans la comparaison, mais parce qu’on se sent bien avec soi-même.

L’ego-individu est aussi un problème. Mais c’est un problème métaphysique et nous ne pouvons pas y faire grand-chose. Temporairement, lors d’expériences spirituelles, nous pouvons voir le monde au-delà de la séparation, au-delà de la souffrance, au-delà du mal… Mais concrètement, nous vivons dans la dualité. D’ailleurs, qu’est-ce qui nous prouve que ces expériences au-delà de la dualité ne sont pas de vulgaires illusions ? Même si elles semblent plus réelles que tout ce que nous pouvons vivre d’autre, cela est purement subjectif.

Quoi qu’il en soit, se prétendre au-delà de la dualité est une fuite de la réalité. Cela conduit à une spiritualité désincarnée. Au passage, c’est une forme d’orgueil. C’est aussi une forme d’inconscience. C’est le deuxième piège de l’ego. C’est pour cela que Linji a dit « si tu rencontres un bouddha, tue-le ».

En voulant combattre l’ego, dans les deux sens du terme, les gens ont tendance à sombrer dans l’inconscience. Donc, faites des choses qui vous rendent heureux d’être vous-même. Recherchez ce qu’il y a au-delà de la dualité, mais revenez sur terre. Et ne vous focalisez pas trop sur ces histoires d’ego.

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