Archives de catégorie : Méditation

Les deux problèmes de la pleine conscience

Formation basée sur le reiki d'Hiroshi Doi


Dans un article précédent, je me moquais un peu de la mode de la pleine conscience. Dans cet article, j’aimerais préciser les différents problèmes posés par la pleine conscience.

Comme je le disais dans mon autre article, le terme est mal choisi. Il peut tromper les gens qui vont s’imaginer être pleinement conscients sans avoir réfléchi à ce que cela signifie vraiment. Quel que soit notre état de conscience, nous conservons un inconscient et heureusement que les choses sont ainsi. Même s’il est source de problèmes, notre inconscient permet également notre stabilité psychique, par exemple, en nous protégeant de nos anciens traumatismes. « Pleine conscience » est la traduction de « samma sati ». Ce concept désigne plutôt une attention juste, focalisée. Mais il ne désigne pas la pleine conscience.

L’autre problème de la pleine conscience est que de nombreuses personnes croient qu’elles vont décoller spirituellement en utilisant cette méthode. Mais en réalité, elles s’ennuient dans leur pratique. Certaines personnes prétendent que c’est normal. Selon elles, il faut persévérer. Et plus elles augmentent la dose, plus elles s’ennuient. C’est parce que cette pratique ne sert pas à décoller, mais à atterrir. Après une expérience extatique, le mental va chercher à s’approprier un état de conscience qui le dépasse. Cela risque de causer beaucoup d’agitation. La posture de l’observateur détaché après les effets d’une expérience extatique permet d’éviter ce problème.

Il ne faut pas croire que tout ce qui vient du bouddhisme est bon. Le bouddhisme possède son lot d’idioties, comme n’importe quelle religion. La plupart des pratiques bouddhistes qui se sont développées en Occident sont déséquilibrées. Ils leur manquent la composante extatique. Mais ce n’est pas toujours le cas. Dans certains enseignements, la compassion est aussi importante que l’observation détachée. Autre problème, dans le néo-bouddhisme occidental, le mythe du Bouddha est souvent pris au premier degré alors qu’il s’agit d’un idéal. Il y a quelques semaines, j’ai posté une citation de Linji. Mais elle me semble tellement importante pour ne pas comprendre le bouddhisme de travers, je vais la répéter encore une fois : « Si tu rencontres un Bouddha, tue-le ! »

Une antique méthode pour sortir de l’affliction

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Vous prenez probablement beaucoup de plaisir à lire des citations inspirées sur les réseaux sociaux. Mais savez-vous qu’il est possible d’aller beaucoup plus loin ? En effet, vous pouvez utiliser des citations qui vous inspirent d’une manière active. Cela peut devenir une puissante méthode pour changer votre humeur et sortir de l’affliction.

À l’origine, le but de chaque école de philosophie était de proposer une recette du bonheur. Littéralement, philosophie signifie « amour de la sagesse ». Et il s’agit avant tout d’une expérience qu’il faut vivre. Lorsque vous prenez du plaisir à lire une citation inspirée, vous faites l’expérience passive de cet amour de la sagesse.

Aujourd’hui, le mot philosophie a perdu son sens d’origine. La philosophie n’est plus une école du bonheur. D’ailleurs, la plupart des philosophes un peu célèbres ne respirent pas vraiment le bien-être. Comme nous vivons tous différemment une même expérience, ils ont décidé que l’expérience n’avait pas de valeur. Du fait de l’inexactitude qu’elle implique, les philosophes contemporains dénigrent la pensée inductive au profit de la seule pensée déductive. Mais la vie est une expérience. Doit-on déduire qu’elle n’a pas de valeur ? En allant au bout de leur logique, il est facile de comprendre pourquoi ils ne respirent pas le bien-être.

Même si la dimension stérile de la philosophie existait déjà dans l’antiquité, elle ne dominait pas. La philosophie était avant tout une pratique concrète. Et c’est cela que je vous propose de découvrir.

Marc Aurèle tenait un journal de philosophe dans lequel il notait des paroles de sagesse. Et lorsqu’il se sentait affligé par les événements, il relisait son journal pour s’en nourrir. C’est ce que je vous propose de faire. Plutôt que d’adopter une approche passive en entendant que des citations inspirantes viennent à vous, collectez des pensées qui vous inspirent dans un journal.

Apprenez également à être plus attentif lors de la lecture. Lisez une phrase et regardez vers l’intérieur. Soyez attentif à ce que cette phrase suscite en vous. Plus vous serez attentif et plus l’effet des pensées qui vous inspirent sera long et intense. Prenez le temps de bien goûter à chaque pensée. Lorsque l’effet se dissipe, répétez intérieurement la phrase pour relancer le phénomène, ou passez à la suivante.

En pratiquant ainsi, vous comprendrez par vous-même le sens d’origine du mot « philosophie ».


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La méditation sur la douleur

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Lorsque j’ai écrit ma série d’articles sur la méditation,j’ai évoqué la méditation sur la douleur. Je souhaite revenir sur ce sujet qui est important et trop souvent ignoré. Lorsqu’on parle de méditation aujourd’hui, dans la majorité des cas, il s’agit de pleine conscience. Plus rarement, il est question de méditation sur la compassion.

Mais la méditation sur la douleur n’est pas vraiment populaire. Pourtant elle possède de nombreux avantages. Elle est accessible pour les débutants. Et elle constitue un excellent moyen pour alléger nos souffrances. Il existe d’ailleurs des études qui montrent que la méditation est plus efficace que les placebos pour soulager la douleur.

Si la pleine conscience est autant à la mode, c’est parce que pour méditer, il ne faut rien créer, mais observer. Selon certains courants spirituels, la pleine conscience est le meilleur moyen de ne rien créer. En réalité, c’est faux. Comme le novice n’a aucune idée de ce qu’est la conscience, il va créer une conscience-objet.

Dans la méditation sur la douleur, nous ne risquons pas de créer un objet. Il est déjà là ! Il est donc plus facile d’adopter la bonne « posture », c’est-à-dire, l’observation, le détachement, la désidentification.

Fondamentalement, méditation sur la douleur et pleine conscience ne sont pas si différentes. En réalité, la méditation sur la douleur est juste une pratique de pleine conscience lorsque nous avons mal. Mais comme beaucoup de personnes sont tentées de penser qu’elles ne peuvent pas méditer lorsqu’elles souffrent, j’ai écrit cet article pour préciser qu’au contraire, il s’agit du meilleur moment.

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Le piège de l’éveil

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Depuis quelques années, j’ai le sentiment que le concept d’éveil est faux. Mais je n’avais jamais pris le temps de mettre les choses à plat. Lorsque j’ai écrit ce précédent article, les idées se sont démêlées d’elles-mêmes ce qui m’a inspiré cet autre article.

La notion d’éveil est comprise de diverses façons. Je parle ici de certains maîtres spirituels dont l’enseignement est vraiment éclairant, qui affirment être totalement sortis de la dualité. Selon ce qu’ils prétendent, malgré l’adversité, ils sont continuellement conscients, et sans effort, de l’unité sous-jacente.

Comme je l’expliquais dans le précédent article, le mental a tendance à vouloir mettre en boîte ce qui ne peut pas être mis en boîte. Et si la prétention d’être éveillé n’était qu’une mise en boîte de l’absolu ?

Devant certaines incohérences, il me semble aujourd’hui évident que oui. De tout ce que j’ai écrit dans ma série d’articles sur la méditation, s’il y a bien une chose qui choquera les puristes, c’est que je présente la réalisation de la conscience comme une expérience, alors que par principe toute expérience a un début et une fin. Selon ces fameux éveillés, comme la conscience est toujours présente, sa réalisation n’est pas une expérience.

Ils ont a moitié raison. Mais lorsque nous communiquons, nous nous plaçons du point de vue du mental. Et de ce point de vue, il est évident qu’il s’agit d’une expérience. Même s’ils affirment que non, et qu’ils prétendent toujours être dans ce dévoilement. Mais cette affirmation est incohérente.

Lors du dévoilement de la conscience, tout est un. La notion de communication ou d’enseignement n’a aucun sens. Si ces « éveillés » enseignent, c’est bien qu’ils sont sortis de ce dévoilement. Lorsqu’ils affirment être constamment conscients de la non-dualité, il s’agit en réalité d’un souvenir de la non-dualité. La notion d’éveil est donc illusoire, puisque dans le présent éternel de la conscience pure, il n’y a pas de souvenirs.

Le passé est le propre du mental. Toutes nos pensées sont du domaine du passé. Dès que nous verbalisons une expérience que nous sommes en train de la vivre, elle devient passée. Même lorsque nous pensons au futur, c’est toujours par rapport à une analogie au passé. C’est justement cela que nous cherchons à éviter en méditant. Et à un moindre niveau, l’idée d’éveil entretient ce phénomène.

Il existe cependant deux choses qui sont très libératrices, même si cette libération n’est jamais totale.

D’un côté, prendre conscience que la part de nous-mêmes qui souhaite s’améliorer ne peut être sauvée. D’autant qu’elle joue double jeu et que c’est en réalité elle qui est la source de tous nos problèmes. Même si parfois, nous la percevons comme une ennemie, c’est nous qui lui donnons vie. Plus nous lui accordons d’importance et plus elle nous agite. Et plus nous la voyons comme insignifiante et plus elle disparaît.

D’un autre côté, comprendre que la joie vient de la conscience. Le plaisir que nous recherchons à travers les objets n’est qu’un infime reflet. C’est pour cela que lorsque nous recherchons le bonheur à travers des choses extérieures, il est toujours éphémère. Il n’existe que lorsque la conscience éclaire les objets. Mais ce que nous cherchons inconsciemment, c’est la conscience. Certains conseillent l’ascétisme, mais il est aussi possible de profiter des plaisirs de ce monde en se souvenant que toute la joie que nous éprouvons vient de la conscience.

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Le but de la méditation

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Cet article est la suite d’une série sur la méditation.

Il existe deux grandes voies vers la méditation. D’un coté l’approche dualiste, de l’autre l’approche non dualiste. Dans l’approche dualiste, la méditation est obtenue en focalisant son attention sur un « objet ». Dans l’approche non dualiste, cette focalisation est « sans objet ». Ces définitions méritent quelques explications. Un objet est tout ce qui n’est pas sujet. Tout ce qui vient du monde extérieur est objet, ce qui comprend le corps, les émotions, les pensées…

Lorsque nous ne méditons pas, nous sommes objet. Lorsque nous disons « j’ai mal », nous nous identifions au corps ou aux émotions selon qu’il s’agisse d’une douleur physique ou morale. Lorsque nous disons « je pense ceci ou cela », nous nous identifions aux pensées. Tout cela constitue ce que (objet) nous sommes et non qui (sujet) nous sommes. La méditation permet de lever le voile constitué par le monde des objets. Cela comprend le monde matériel, mais aussi le monde psychique qu’il est pourtant habituel de confondre avec le spirituel.

La méditation dualiste permet de passer d’un état d’objet à une relation sujet-objet. Par exemple, je ne suis plus mes émotions, mais la conscience qui les observe. En réalité, cette manière de faire est une béquille, parce que tout est conscience. La conscience est à la fois observatrice et observée, créatrice et création. Lors du dévoilement de la conscience, il n’y a plus ni sujet ni objet. Mais comme cette réalisation nous est parfaitement inconcevable, nous avons besoin de béquilles.

La relation sujet-objet de la méditation dualiste étant une béquille, certains ont proposé de méditer « sans objets ». Concrètement, c’est le fameux « Qui suis-je ? » de Maharshi. En réalité, il s’agit plutôt d’une méditation vers le sans objet. En effet, notre nature profonde nous est inconnue et inconcevable. Il est difficile de se focaliser sur l’inconnu. Naturellement, notre esprit va créer un objet qu’il considérera comme le sujet et retournera dans la méditation dualiste.

Nous avons aussi tendance à envisager l’absence de mental comme une sorte de vide, de silence. Il est habituel de créer une « vacuité-objet » dont il faut également se débarrasser pour aller plus loin.

D’une manière générale, l’univers spirituel est ineffable. Lorsque nous en faisons l’expérience, il n’y a pas de mots pour le décrire. Mais lorsque nous revenons de l’expérience, nous essayons de nous souvenir, de mettre des mots. Mais dans le présent éternel, il n’y a pas de souvenirs. Les souvenirs appartiennent au mental.

Tous les concepts que nous pouvons développer au sujet du spirituel peuvent nous aider à communiquer. Mais lorsque nous nous y attachons, ils deviennent une limitation. C’est le tort de toutes les traditions qui prétendent détenir la vérité et de tous les maîtres qui prétendent la transmettre. La vérité est intérieure. Elle est ineffable. Et même lorsque nous l’avons trouvée, il faut continuer de la chercher pendant le restant de sa vie.

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