Incompatibilité entre reiki et vipassana

Pour aller plus loin : Formation de reiki thêta


J’ai reçu le message d’une personne pratiquant le reiki qui souhaitait faire une retraite vipassana. Lorsqu’elle a voulu s’inscrire, les personnes qui organisent la retraite lui ont affirmé que la pratique vipassana était incompatible avec le reiki. Selon Goenka, le reiki est un moyen d’altérer la réalité en utilisant des forces extérieures et de l’auto-suggestion. La méditation vipassana est au contraire une observation de la réalité. Pour lui les deux pratiques sont incompatibles et peuvent conduire à des troubles psychiatriques.

Pour ma part, je suis d’accord sur le fait que vouloir contrôler les événements est nuisible à la vie spirituelle et que c’est l’observation détachée qui est libératrice. Là où je ne suis pas d’accord, c’est d’affirmer que le reiki n’est que volonté de manipuler les choses, et que de mélanger manipulation et observation est forcément dangereux. Tout est question de dosage. D’ailleurs, nous faisons forcement les deux. Nous ne sommes pas des saints. Chacun selon son expérience est plus ou moins détaché, mais désire plus ou moins manipuler les choses, et en est plus ou moins conscient…

L’idée fondamentale du reiki est d’apprendre à observer et à laisser faire, autant dans l’imposition des mains que dans la pratique à distance. Même si notre intention est d’aller mieux, de changer les choses, ce n’est pas cela qui domine la pratique, qui consiste au contraire à lâcher-prise. Et il n’y a rien d’extérieur à cela, nous observons seulement la vie qui s’écoule.

Il est vrai que la mode « loi d’attraction » a un peu changé la façon de pratiquer le reiki, avec plus de tensions, d’auto-suggestions répétées, et une tendance à vouloir forcer les choses. Mais pour une personne qui se base plus sur son expérience que sur le formalisme qui lui a été enseigné, le problème deviendra évident avec le temps. Au pire nous perdons quelques années à passer par là. Mais en réalité, nous ne perdons rien, c’est juste que nous avions besoin de cela pour comprendre par nous-mêmes. Même si ces variations de pratiques sont contre-productives, elles ne sont pas spécialement dangereuses.

Il semblerait que Goenka cherchait à projeter les dangers de sa propre approche sur le reiki. En effet, pour de nombreuses personnes, il est difficile de « redescendre » après une retraite méditative. Ce n’est pas parce que les pratiques qui y sont enseignées sont mauvaises, mais parce que de nombreuses personnes ne sont pas prêtes à rester tournées vers leur vie intérieure pendant des journées entières. Si je vous disais de pratiquer l’auto-traitement dix heures par jour pendant dix jours consécutifs, le danger serait le même.

Si les techniques vipassana en elles-mêmes sont juste une observation, un cadre de vie de style monastique est une altération totale de la réalité de l’être humain « moyen ». Une altération bien plus violente que de répéter des affirmations positives 5 minutes par jour. C’est d’ailleurs un bon exemple de la volonté d’altérer les choses d’une manière inconsciente dont je parlais plus haut. En toute logique, une personne qui souhaiterait juste observer sans manipuler, ne devrait pas tenter une telle retraite, mais observer sa vie telle qu’elle est, en apprenant à méditer au quotidien.

Le fait de pratiquer ou non le reiki n’est pas un bon critère pour évaluer si une personne est prête pour une telle retraite. Le reiki n’est pas en soi un signe de bonne spiritualité ou d’absence de bonne spiritualité. Pour certaines personnes, le reiki est juste une histoire de plus qu’elles se racontent. D’autres cherchent à aller au fond des choses. Dans ce second cas, la pratique du reiki est au contraire une bonne expérience préliminaire pour être certain que la personne vivra bien sa retraite méditative.

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Reiki élémentaire (728.1 KiB)