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Le reiki est-il une religion ?

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La plupart des maîtres reiki affirment, bien souvent sans explications objectives, que le reiki n’est pas une religion. Pourtant, un certain nombre d’opposants au reiki prétendent au contraire, sans beaucoup plus de justifications, que le reiki est une religion qui ne s’assume pas. Qu’en est-il réellement ?

Kurama-Temple

L’énergie universelle, la divinité du reiki ?

Le sujet est loin d’être simple. Il est vrai qu’aujourd’hui, l’athéisme est devenu la norme en occident. On peut se dire que le concept d’énergie universelle est une manière détournée de parler de divin sans en parler. Cependant, tout le monde s’accorde pour reconnaître une certaine intelligence dans le fonctionnement de l’univers, y compris les matérialistes les plus convaincus. On peut également se dire que d’une certaine façon, les maîtres reiki sont des prêtres des temps modernes. Ils attirent les gens qui souhaitent obtenir une vie meilleure et tentent de les aider en partageant leur expérience de la vie spirituelle. À l’heure du web, bien des maîtres reiki animent des forums ou des groupes Facebook, bloguent, publient des lettres d’informations, et cette relation quasi sacerdotale est encore plus importante aujourd’hui qu’il y a 30 ans.

Les origines bouddhistes du reiki

Dans la structure et dans la symbolique du reiki, on peut retrouver un certain nombre d’éléments inspirés de plusieurs religions. Certains sont indiscutables, d’autres sont des interprétations plus ou moins réalistes. L’origine la plus indiscutable du reiki est bouddhiste. Le symbole mental est un kiriku, symbole du bouddha Amida, présent dans de nombreux temples au Japon. Le symbole du maitre daikomyo est également présent dans certains temples japonais. Daikomyo signifie « grande lumière brillante ». C’est le nom donné à Sonten par l’école bouddhiste kurama-kokyo. Le jumon (mantra dans le bouddhisme japonais) « shiken haramitsu daikomyo » est également utilisé dans diverses écoles bouddhistes au Japon. Le bodhisattva Jaliniprabha, appelé Komyo Bosatsu au Japon (komyo est un mot souvent utilisé pour désigner les bodhisattvas) est également surnommé daikomyo (ce qui peut être dans ce contexte traduit par « grand bodhisattva »). Enfin, le symbole hon sha ze sho nen est une formule utilisée en ninjutsu pour réaliser un souhait. Mais dans cet exemple, le lien avec le bouddhisme est moins direct. On est souvent tenté d’associer toutes disciplines martiales japonaises au bouddhisme, mais même si l’influence majoritaire des ninjas est bouddhiste on trouve également des éléments de shinto dans leur discipline.

Les origines shintoïstes

L’origine shintoïste du reiki, bien que très à la mode en ce moment, est loin d’être aussi flagrante que l’origine bouddhiste. Bien souvent, l’origine shintoïste du reiki est évoquée pour justifier l’ancienneté d’une pratique qui en réalité est moderne. C’est souvent le cas pour d’hatsurei ho. Il y a quelques années la plupart des maîtres prétendaient que la pratique hatsurei ho était issue du chi qong parce que Usui pratiquait le kiko. Quand j’ai expliqué sur mon site que Usui n’avait pas pu pratiquer le kiko parce que cette pratique à vu le jour au Japon il y a un peu plus de 30 ans, j’ai commencé à voir toutes sortes de choses au sujet d’hatsurei ho. Certains prétendent qu’il y a un rapport entre hatsurei ho et la pratique du misogi (méditation shintoïste sous une cascade). En réalité, la pratique du misogi fait appel à l’élévation de la chaleur intérieure que l’on retrouve par exemple en yoga dans la pratique de bhastrika et cela n’a rien à voir avec hatsurei ho qui est une pratique beaucoup plus douce et qui ne génère pas cette même chaleur. Dernièrement, j’ai également vu un rapprochement entre hatsurei ho et chikon kishin, une série des pratiques shintoïstes, qui aujourd’hui sont principalement utilisées en aikido. L’ensemble des ses pratiques constitue un misogi interne, et ces pratiques génèrent également une chaleur interne incomparable avec ce que l’on peut ressentir lors de la pratique de hatsurei ho. Le seul élément concret (mais non flagrant) qui peut faire penser au shinto dans le reiki est le symbole du pouvoir, chokurei. En effet, chokurei signifie « en présence des esprits » et on pourrait se dire que c’est une idée très shintoïste de faire appel aux kamis pour intensifier le courant d’énergie reiki.

Les origines chrétiennes du reiki

Même si depuis la mode du reiki japonais, les origines chrétiennes du reiki ont été mise de coté, on peut noter un certain nombre d’éléments qui sont certes moins flagrants que ceux issus du bouddhisme, mais tellement nombreux que ce n’est peut être pas seulement du domaine de l’interprétation. Le fond de la pratique du reiki est l’imposition des mains, les traitements à distance, et l’initiation. L’imposition des mains est très en vogue dans les milieux charismatiques. Le traitement à distance est une expression sans connotation religieuse qui évoque une pratique également très en vogue dans les milieux charismatiques, la prière (je devrais préciser, « la prière active », parce que l’on prie dans toutes les religions, mais rarement de la bonne façon). L’initiation reiki est assez similaire à l’ordination d’un prêtre chrétien. En effet, ce rituel se compose de l’imposition des mains (initiation de la couronne), et de l’onction des mains (initiation des mains). Les rituels d’initiation du reiki sont organisés de la même manière. On peut également faire un parallèle entre le système de degrés du reiki et l’occultisme chrétien. Même si l’on retrouve un schéma à trois degrés dans certains courants bouddhistes ésotériques, la sémantique est différente. Par contre, le sens des degrés en reiki correspond parfaitement au système novice/compagnon/maître que l’on retrouve dans de nombreuses traditions occultes.

Une méthode pour apprendre à se servir de son esprit

La plupart des enseignements spirituels que l’on peut recevoir, même s’ils sont pertinents, ne servent à rien en eux-mêmes. Prenons par exemple mon précédent article. J’explique qu’en comprenant mieux les mécanismes de projection et de synchronicité, il est possible de construire une vie meilleure. Vous pouvez lire l’article, le comprendre, trouver que cette vision des choses a un intérêt, mais cela ne vous aidera pas à construire une vie meilleure. C’est comme si pour apprendre à nager, on vous disait qu’il suffit de sauter dans l’eau, et de remuer les bras et les jambes, et que cela permet de nager. Pour apprendre à nager, il faut suivre un certain nombre de méthodes plus précises. Et ces méthodes pratiques et efficaces font cruellement défaut dans la plupart des mouvements spirituels, et plus encore si le mouvement en question est une religion (sauf s’il s’agit d’un courant mystique, comme le mouvement charismatique dont je parlais précédemment). Sans ces méthodes, un enseignement spirituel devient au mieux une philosophie, au pire une superstition. Malgré le fait que le reiki possède une dimension religieuse sous-jacente indiscutable, je vois plus le reiki comme une sorte de boite à outils permettant de donner vie à n’importe quelle religion, mais également à toute démarche spirituelle athée. Dans le reiki tel qu’il est enseigné par la majorité des maîtres, on observe une grande tolérance dans le rapport que chacun entretient avec le divin. De ce point de vue, le reiki est assez similaire à la franc-maçonnerie. Seul le vocabulaire est différent, mais l’idée est un peu la même. Nous ne parlons pas de grand architecte de l’univers, mais d’énergie universelle. Ainsi, le reiki est pratiqué sans problèmes par des personnes très différentes, qu’elles soient athées, ou qu’elles pratiquent n’importe quelle religion. Même si le sujet est beaucoup plus complexe, c’est pour cette raison que je ne considère pas le reiki comme une religion.

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Reiki élémentaire (728.1 KiB)