Je monte ma secte

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Suite à ma proposition d’accompagnement d’hier, je reçois beaucoup de questions de personnes intéressées qui se demandent si elles peuvent me faire confiance. Même si vous n’êtes pas intéressé, je vous conseille la lecture de cet article, parce que je vais partager un moyen inattendu et pourtant très efficace pour développer la confiance en soi.

Nous avons tous une expérience de la vie qui est différente. C’est quelque chose que j’ai compris très tôt dans mon parcours spirituel. Lorsqu’on pratique en groupe, on a parfois l’impression de vivre une expérience en fusion totale. Et lorsqu’on partage notre expérience, on prend conscience de l’illusion. Malgré le sentiment d’union partagé par tous, chacun a vécu l’expérience à sa manière.

Pour illustrer ce phénomène, j’aime bien utiliser l’expérience avec les bassines d’eau plus ou moins chaude. Vous connaissez probablement cette expérience. On prend plusieurs bassines avec de l’eau chaude/tiède/froide. Et selon dans quel ordre on trempe les mains, on en déduit une classification plus ou moins erronée. Cela prouve que nous vivons nos expériences en fonction de la somme de nos expériences précédentes. Même si j’ai pris conscience de ce phénomène il y a près de 15 ans, j’en ai compris toute la portée il y a seulement quelques mois, en écrivant « Spirituellement incorrect ».

Le problème est que chacun fait ce qu’il croit le mieux en fonction de ses expériences. Et nous avons une tendance naturelle à croire que notre façon de faire est la meilleure. Par exemple, lorsqu’on partage des techniques de bien-être avec certaines personnes, elles vont trouver que c’est idiot, que ça ne marche pas, qu’il faut vraiment être naïf pour croire des conneries pareilles… C’est simplement parce que ces personnes ne sont pas très douées en bien-être et que pourtant, elles sont persuadées d’avoir raison.

Dans « Spirituellement incorrect », j’explique que toutes les croyances sont à la fois vraies et fausses. Du point de vue de notre esprit, tout est vrai. Et comme notre expérience du monde est une projection de notre esprit sur le monde, chacune de nos croyances modifie notre réalité. Mais je pourrais aussi adopter une croyance inverse et elle serait vraie également. Beaucoup de personnes n’ont jamais eu cette réflexion. Elles adoptent des croyances en pensant qu’elles sont vraies. Et elles sont persuadées qu’il est impossible de penser autrement. Pourtant il n’existe que très peu de choses intérieures qui continuent d’exister lorsque nous arrêtons d’y croire.

Dans spirituellement incorrect, je conseille de rationaliser nos croyances. Plutôt que de choisir les croyances qui nous plaisent, choisissons des croyances qui nous sont bénéfiques. Vous vous dites probablement que c’est la même chose. Mais, pour donner un exemple, certaines personnes perdent leur responsabilité et leur capacité d’action parce qu’elles croient aux vies antérieures. Cette croyance leur plaît. Mais elle leur est néfaste.

J’explique également que la rationalisation des croyances est ma manière de faire. Mais il existe également des personnes qui s’en sortent très bien dans leur vie alors qu’elles collectionnent les croyances farfelues. Leur démarche est plus liée au hasard que la mienne parce qu’elles ne sont pas à l’abri d’adopter une croyance néfaste. Mais chacun sa vie. Et c’est justement en écrivant cela que j’ai compris que non seulement nous avons tous une expérience de la vie différente. Mais également que mon expérience n’est pas la meilleure.

Et une telle vision des choses change la vie. En fait, nous sommes constamment en train de juger les autres en étant persuadés que nous ferions mieux à leur place. Parfois, c’est uniquement intérieur. Parfois, nous sommes médisants et moqueurs. Ces derniers mois, j’ai compris que le manque de confiance en soi était un refoulement du narcissisme. Nous pensons être les meilleurs. Nous jugeons constamment. Par refoulement, nous nous sentons jugés. Nous vivons très mal la moindre critique. Et cela ruine notre confiance et nous paralyse. En prenant conscience de ce phénomène, nous apprenons beaucoup plus facilement de la différence d’autrui. Parce qu’au lieu de faire comme la personne mal dans sa peau qui dénigre les techniques de bien-être, nous comprenons que nous ne sommes pas les meilleurs dans tous les domaines. Nous sommes alors plus ouverts à la vision des autres. Mais surtout, nous nous libérons de plus en plus de ce que pensent les autres et nous développons notre confiance.

Il y a quelques mois, j’ai écrit un article sur la perversité des enseignants qui partagent leur vision comme si elle était la seule. Cet article était l’illustration de ma propre prise de conscience. C’est aussi pour cela que depuis quelques mois, je parle plus souvent de développement personnel. C’est également cela qui m’a motivé à proposer une offre d’accompagnement alors que j’envisage la spiritualité comme un chemin solitaire. Parce que j’ai compris que de nombreuses personnes ont besoin d’être prises par la main.

Depuis des années, j’ai toujours partagé ma manière de faire comme si tout le monde devait me suivre. Mais je me suis rendu compte que j’étais un genre d’extrémiste qui cherche toujours à connaître le fond des mystères et que la plupart des gens n’ont pas cette volonté. La plupart des gens souhaitent une vie tranquille. Et la quête spirituelle comme je la conçois passe par une traversée du désert que ces mêmes gens souhaitent éviter.

La semaine dernière, j’ai écrit un article sur le guérisseur blessé. Dans cette notion de guérisseur blessé, il y a l’idée que le guérisseur se transforme également en aidant les autres. C’est ce qu’il s’est passé pour moi avec l’écriture de « Spirituellement incorrect ». J’ai voulu partager mes quinze années d’expérience de la pratique spirituelle et cela m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses.

Vous vous demandez probablement le rapport avec le fait de me faire confiance ou non pour vous accompagner. C’est parce qu’en fait, ce que vous recherchez n’existe pas. Vous recherchez quelqu’un qui va vous dire la vérité. Vous recherchez quelqu’un avec qui vous pouvez être d’accord. Cela fonctionnera pendant un temps. Et puis à un certain moment, je dirais des choses qui ne vous conviendront pas. Si vous êtes influençable, vous allez me suivre jusqu’à un certain point. Mais tôt ou tard, vous serez déçu par ce que je raconte. Je n’ai pas vécu votre vie. Tout ce que je peux faire, c’est partager mon expérience. Mais je ne peux pas savoir exactement dans les détails comment vous devez intégrer cela.

Nous avons souvent tendance à déléguer nos responsabilités. Cela nous rappelle l’enfance lorsque nous n’avions pas encore à nous soucier de notre survie. La plupart des gens sont employés plutôt qu’entrepreneurs parce qu’ainsi ils délèguent leur sécurité à un patron. Et dans tous les domaines, pas seulement spirituels, lorsque nous souhaitons apprendre quelque chose, nous cherchons un gourou. Ce que j’appelle un gourou est quelqu’un à qui nous pouvons déléguer notre réflexion.

Mais si je vous propose mon aide, ce n’est pas pour rentrer dans ce schéma. Je ne suis pas parfait et je n’ai jamais prétendu l’être. Toutes les personnes qui se prétendent parfaites portent un masque, qu’elles en soient conscientes ou non. La pratique spirituelle nous conduit à la perfection. Mais elle est ineffable et nous ne pouvons pas la ramener dans ce monde. Nous pouvons seulement la connaître intérieurement. Si vous suivez un peu mon blog, vous savez ce que je pense de l’éveil. Dans la kabbale, il existe 50 portes de la compréhension. Nous pouvons en ouvrir 49 par nos efforts. Mais pour que la dernière porte s’ouvre, il faut disparaître. Il faut ne rien faire. Les conditions d’ouverture de la dernière porte correspondent exactement à l’enseignement de Maharshi et autres éveillés.

Sauf que dans l’avdaïta traditionnel, cet enseignement est réservé aux personnes qui ont travaillé pendant 10 ou 15 ans. Lorsqu’on dit à un débutant que la pratique entretient l’illusion et qu’il ne faut rien faire, il va imaginer en utilisant le mental comment ne rien faire. Il va essayer de faire le vide tel que le mental l’imagine. Et au lieu de ne rien faire, il va faire. Dans le meilleur des cas, il développera une construction mentale plutôt agréable qu’il qualifiera d’éveil. Mais la plupart des personnes qui suivent un tel enseignement vont se refermer dans une sorte d’intellectualisme froid à l’opposé de la vie spirituelle. Voilà à quoi ressemble l’enseignement d’une personne qui se prétend parfaite. Et encore, je n’ai pas choisi le pire exemple. Et même s’il a passé sa vie à égarer les gens, Maharshi est considéré par beaucoup comme le plus grand mystique du XXe siècle.

Eckart Tolle a tellement pris les enseignements de Maharshi à la lettre qu’il raconte que l’éveil lui est tombé dessus par hasard alors qu’il n’a jamais rien fait de spirituel. Comme ça, un jour, dans la rue, il s’est retrouvé éveillé. Son livre, « Le pouvoir du moment présent » est le plus grand best-seller spirituel de tous les temps parce que les gens ont envie d’entendre le discours de quelqu’un qui se prétend parfait. Ainsi, ils vont pouvoir déléguer leur pensée et s’abstenir de réfléchir.

Je ne suis pas parfait. La preuve est qu’après un beau discours sur l’acceptation de l’expérience de chacun, je viens de démonter l’éveil. Mais en réalité, je ne juge pas. D’autant que ce type d’enseignement, même s’il est sorti de son contexte, peut être salvateur lorsqu’il arrive au bon moment. Si certaines personnes tombent dans ce piège du maître parfait, c’est parce qu’en fonction de leurs expériences, c’est ce qui leur semble le mieux. Je souhaitais seulement vous dire que je ne voulais pas rentrer dans ce modèle. Même si c’est ce que la plupart des gens recherchent.

Je ne suis pas parfait. J’ai encore beaucoup à apprendre. Mais je sais comment arriver au bout de la traversée du désert propre à la quête spirituelle. Je sais comment on retrouve la paix après le chaos. Si vous êtes plutôt orienté vers le développement personnel, je sais comment vivre mes rêves. Lorsque j’étais enfant, je rêvais de vivre dans ma maison de campagne au milieu de la forêt. Et lorsque j’étais adolescent, je rêvais de gagner ma vie en écrivant sur des sujets qui me passionnent. Et aussi improbables que ces deux rêves puissent paraître, je les ai réalisés tous les deux.

Si je me propose de vous accompagner, ce n’est pas pour donner des idées prêtes à penser ni pour vous faire croire que je suis parfait. Comme le dirait Épictète, je suis seulement une petite âme qui porte un cadavre. Je souhaite vous partager mon expérience pour vous inspirer. Je souhaite vous partager mes connaissances et mes méthodes. Plus je connaîtrai votre vie et plus je pourrai adapter ma vision à ce qui vous correspond. Mais n’attendez pas de moi ce qui existe seulement à l’intérieur de vous. En fin de compte, vous êtes la seule personne capable de savoir ce qui vous correspond vraiment. Je me propose de vous aider pour que les choses soient plus rapides et plus faciles pour vous.

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