Archives de catégorie : Méditation

Comment méditer

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Pour continuer cette série d’articles sur la méditation, il est temps de passer aux choses sérieuses. Même si la pratique méditative n’est pas une fin en soi, elle est nécessaire à un certain stade.

Concrètement sur quoi focaliser son attention pour méditer? Il est possible de se focaliser sur n’importe quoi. Mais si ce n’est pas quelque chose de particulier, cela devient vite ennuyeux. L’une des pratiques les plus classiques est d’observer sa respiration et si des pensées surviennent, d’observer les pensées, puis revenir à la respiration. Mais rapidement, une telle pratique donne l’impression de tourner en rond. C’est pour cela qu’il est préférable d’utiliser quelque chose de plus « intense ».

Les méditations sur la joie ou l’amour sont plus faciles. Elles sont beaucoup moins ennuyeuses. Et comme l’amour permet par principe d’unir ce qui est séparé, c’est le moyen le plus rapide pour dépasser la dualité observateur-observé.

Pour débuter, il est possible d’utiliser la « dévotion », c’est-à-dire l’amour pour une personne ou un visage divin. Les choses sont au départ plus faciles ainsi. Avec l’expérience, l’amour de l’amour permet d’aller droit au but. Certaines traditions parlent de prière pure, d’autres d’oraison silencieuse, mais l’idée est toujours la même.

La douleur est aussi un bon thème de méditation. La méditation est en effet un bon moyen de modifier notre rapport à la douleur. Qu’elle soit physique ou morale, en se désidentifiant et en devenant observateur de la douleur, elle s’amoindrit ou disparaît.

L’approche que je propose est différente de nombreuses approches qui affirment qu’il faut au contraire être observateur et ne rien créer. Mais cette façon de procéder est aride. Il est difficile d’être assidu dans une telle pratique. Et même si ce chemin est en théorie plus direct, il est tellement abrupt et broussailleux qu’il n’est ni plus rapide ni plus facile.

Le problème avec l’approche que je propose, c’est l’effet « yo-yo ». Par exemple après une bonne méditation sur la joie le soir, il arrive de se réveiller déprimé le lendemain. Lorsque nous vivons des expériences spirituelles, le mental cherche à s’approprier le non-mental, et à prendre le contrôle sur ce qui le dépasse, ce qui entraîne ce genre de problèmes.

Pour éviter cela, il suffit dans ces moments intenses, au lieu de s’identifier à l’expérience, de prendre du recul et de se demander, « qui observe ». Avec l’habitude, il est facile de dépasser cette instabilité. Je développerai cette idée du mental qui cherche à s’approprier le non-mental dans un prochain article.

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Comment se préparer à la méditation

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Cet article fait suite à celui de la semaine dernière.

Il est un peu abusif de dire que l’on pratique la méditation, puisque la méditation est plutôt un état. Il est même abusif de dire qu’il s’agit d’un état, puisqu’il s’agit plutôt du dévoilement partiel de la conscience. Mais comme les mots sont incapables de saisir la méditation, les abus de langage sont habituels.

Il est d’ailleurs habituel d’entendre que la méditation consiste à fixer son attention sur une seule chose. Cette affirmation est encore un abus de langage, même si elle témoigne d’une certaine vérité. C’est la concentration détendue qui conduit à la méditation.

La conscience est un peu comme un microprocesseur d’ancienne génération. À notre niveau, elle ne peut faire qu’une seule chose à la fois. Il est malgré tout possible de lancer plusieurs tâches sur un ordinateur équipé d’un tel microprocesseur, et nous aurons une sensation de parallélisme. Mais en réalité, c’est parce que le microprocesseur traite une tâche pendant un court instant, puis passe à la suivante… La conscience fait exactement la même chose.

Lorsque nous lançons trop de tâches, l’ordinateur finit par « ramer ». C’est parce que le microprocesseur passe plus de temps à gérer le changement de contexte entre les tâches que de s’occuper des tâches elles-mêmes. C’est encore une fois la même chose avec la conscience. C’est pour cela qu’il est plus difficile de réfléchir lorsque nous avons une rage de dents.

La conscience est inaltérable. Quoi que nous fassions, elle conserve les mêmes capacités. Mais en apparence, plus notre attention est dispersée et plus la conscience se voile. Cela constitue un vrai problème à notre époque depuis que notre capacité d’attention est devenue inférieure à celle du poisson rouge.

Nous avons tendance à zapper constamment, à ne jamais être à ce que nous faisons. Le déluge d’informations et la technologie ne sont pas les seuls problèmes. Selon une étude, une personne qui travaille dans un open space est dérangée en moyenne toutes les 2 ou 3 minutes. L’étude concluait qu’une personne qui était pleinement dans ce qu’elle faisait, sans être dérangée pendant 2h, pouvait fournir le travail d’une journée en open space.

Au passage, la technologie n’est pas forcément un problème. Le problème c’est notre manière de l’utiliser. D’après le travail de certains chercheurs, un jeu vidéo qui ne provoque ni anxiété ni ennui conduit naturellement à un état méditatif.

Si nous souhaitons une vie plus méditative, avant même d’adopter une quelconque pratique, il est important de prendre conscience de notre problème actuel. D’essayer d’éviter de faire plusieurs choses à la fois en zappant constamment entre divers sujets d’attention, mais au contraire d’être le plus possible dans ce que nous faisons.

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Introduction à la méditation

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On m’a plusieurs fois demandé de traiter le sujet de la méditation. C’est un sujet qui malgré la mode reste mystérieux pour beaucoup de monde. Les informations concernant la méditation sont souvent confuses, voire fausses, si bien qu’elle reste difficile à appréhender.

Pourquoi est-il si compliqué de parler de méditation ? En fait, c’est comme s’il manquait une dimension à notre pensée pour envisager ce phénomène. Pour ceux qui ont fait un peu de géométrie, lorsqu’on ne connaît que le plan, il est impossible d’envisager l’espace.

Le langage étant le fruit de la pensée, il est difficile de communiquer sur la méditation parce que ce phénomène dépasse la pensée. Et comme de nombreuses personnes ont du mal à faire une chose avant de l’avoir comprise, c’est pour cela que la méditation reste un sujet mystérieux.

Il est commun de croire que la méditation est une pratique. En réalité, il s’agit d’un état de conscience. Il est également commun de penser que la méditation est liée au bouddhisme. En réalité, même si le vocabulaire utilisé est différent, ce phénomène est au cœur de toutes les pratiques religieuses et spirituelles.

Il m’arrive souvent de voir des personnes qui ont une heure devant elles et qui se demandent, « je médite ou je me livre à mon passe-temps favori ? » En réalité, si vous ne vivez pas votre passe-temps favori comme une méditation, c’est qu’il reste une part du mystère que vous n’avez pas encore percée. La méditation, c’est être attentif, quel que soit notre sujet d’attention.

Il est également habituel de croire que pour méditer, il faut ralentir voire arrêter totalement ses pensées. Que la méditation, c’est lorsqu’on ne pense pas. En réalité, l’état méditatif entraîne une raréfaction des pensées. Mais celles-ci ne disparaissent pas totalement, elles sont même parfois plus intenses et plus profondes.

Il ne faut pas confondre le résultat et le moyen d’arriver au résultat. Lorsque je suis en voiture, je vais plus vite. Mais même si je me mets à courir très vite, cela ne fera pas apparaître une voiture. Ce raisonnement vous semble probablement idiot, mais c’est exactement la même logique lorsqu’on croit que la raréfaction des pensées conduit à la méditation.

S’il existe une confusion entre le résultat et le moyen d’arriver au résultat, il existe aussi la confusion inverse, entre les moyens d’arriver à la méditation et son but. Pour atteindre l’état méditatif, il faut être détaché, sans attentes. Beaucoup de personnes sont intéressées par la méditation parce qu’elles recherchent le bien-être. Et beaucoup de gourous de la méditation affirment que le bien-être n’est pas le but de la méditation. Pourtant, la méditation conduit effectivement à la joie et à la paix. S’ils affirment cela, c’est parce qu’ils confondent les moyens et le but.

Lorsque nous ne sommes pas en méditation, notre conscience est occultée par un certain nombre de phénomènes auxquels nous nous identifions, notre corps, notre énergie, nos émotions, nos pensées. La méditation consiste tout simplement à être présent, pleinement dans l’instant, quoi que l’on fasse. Dans la méditation, les phénomènes ne disparaissent pas forcément, mais ils sont vus pour ce qu’ils sont.

La parabole du plan et de l’espace exprime parfaitement les choses. Dans l’espace (la méditation), le plan (les pensées) ne disparaît pas. Au contraire, dans l’espace, le plan occupe sa vraie place.

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